Une présentation c'est une bonne idée non?

* Des Mots*

*Des Envies*

*Des Idées*

*Des "toi"*

*Des "moi"*

*Des "ils"*

*Des "eux"*

*Une FARAnDole de mots, semblable à la faRANdOLE qu'est la vie*

Un
Cinq
Dix
Quinze

Vingt
Vingt-cinq? Mais qui?
# Posté le mardi 13 mai 2008 15:00
Modifié le mardi 27 mai 2008 15:37

.....Vous connaissez les contes de fées ?

.....Vous connaissez les contes de fées ?

Mais si vous savez ces petits récits qui commencent par « Il était une fois » et qui se terminent par « Et ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants ». Ces contes pleins d'amour, de beauté et de magie.
Et bien moi j'aimerai vous en raconter un de conte de fée, mais un conte moderne. Sans beauté, sans magie, mais peut-être avec amour, qui sait ? L'histoire d'une princesse sans robe dorée et un prince sans fier destrier...
Une histoire simple et peut-être plus belle que toutes les autres...

Une jeune demoiselle parcourt les rues de Paris, elle resserre son écharpe autour de son cou. Le vent souffle, faisant tomber des branches des arbres décharnés les dernières feuilles rougies par les lueurs de l'automne. Les gens autour d'elle se pressent, se bousculent, se crient dessus. Les premières voitures s'agglutinent dans la rue, les premiers klaxons se font entendre.
Voilà c'est ça son royaume à elle...
Elle enfonce ses mains dans les poches de son long manteau et enfouit le bout de son nez dans son étoffe de laine. Au bout de quelques minutes elle s'engouffre dans une ruelle sombre et entre dans un petit bar miteux coincé entre deux immeubles lugubres. Elle s'avance dans le hall mal éclairé, dégrafant un par un les boutons de sa veste. Elle arrive dans une petite pièce circulaire meublée d'un comptoir derrière lequel est assise une jolie jeune fille d'à peine 25 ans, un sourire apparaît sur son visage halé quand elle l'aperçoit. Elle lui tend une clef, un regard plein d'excuses.
Chambre 483, princesse.
Elle lui sourit, prend la clef et se dirige vers un petit couloir. Arrivée à destination elle met la clef terne dans la serrure mais hésite. Elle regarde les trois chiffres dorés fixés sur la porte, les caresse du bout des doigts, ses yeux s'embuent, juste un peu. Elle se ressaisit en secouant la tête et ouvre la porte pour découvrir, ou plutôt retrouver, une petite chambre rouge et noire, l'ambiance oppressante. Un grand lit à baldaquin trône au centre de la pièce. Des petits chocolats posés sur une table, lui murmurent une douce mélodie. Elle en saisit un entre ses deux doigts et le laisse fondre sur sa langue avide de ce plaisir chocolaté. Elle jette son manteau sur un siège et s'installe à même le sol, les jambes repliées sous elle, la tête posée sur les genoux. Elle attend, elle a peur.
Comme à chaque fois.
On toque à la porte. Elle sursaute. Se lève et ouvre. Un jeune homme est appuyé sur le linteau de la porte. Elle ne voit pas son visage masqué par les ténèbres du couloir, seul ses yeux chocolat brillent dans la nuit. Elle pousse un léger soupir, elle va passer la même nuit que les autres.
Rien de nouveau au pays de Cendrillon.
Elle se recule et le jeune homme entre dans la pièce, elle referme la porte derrière lui, laissant quelques instants sa tête reposer sur la paroi froide. Son grand méchant loup ne la mangera pas toute crue. Non ! Il va la déguster très lentement pour satisfaire son désir animal.
Elle se concentre, pour entrer dans la peau de son personnage. Elle se retourne, les paupières closes, inspire profondément et ouvre doucement les yeux pour le découvrir devant elle, ce beau jeune homme qui l'observe, une lueur quelque peu perverse dans le regard. Il est beau. Pas d'une beauté commune que l'on peut croiser au coin de la rue. Non. Une beauté étrange, indéfinissable, attirante comme une flamme. Elle s'approche de lui. Il pose ses mains sur ses hanches, se calant instantanément aux formes de ses courbes. Elle passe ses bras autour de son cou et pose sa tête au creux de son épaule, elle entend son c½ur battre, elle sent son parfum. Elle est bien là et elle voudrait ne jamais en bouger. Mais il n'est pas là pour ça, elle le sait !
La jeune fille se recule mais il resserre son étreinte, croisant ses bras musclés dans son dos. Il plonge à son tour la tête dans son cou. Elle sent son souffle chaud sur sa peau, elle se surprend même à frissonner. Doucement il fait glisser ses mains sous son t-shirt, caressant sa peau de pêche. Son nez toujours caché au creux de sa nuque il commence à les faire tourner sur eux-mêmes. Dans un slow quasi parfait leurs âmes font connaissant. C'est la première fois qu'il fait ça. C'est la première fois qu'il va voir une fille comme elle. Mais ce n'est pas la première fois qu'il la voit elle. Il la suit depuis quelques jours, épiant le moindre de ses gestes. Maintenant il connaît tout d'elle, sa façon de marcher, d'éviter les bousculades dans les rues bondées. Son rire, son café préféré, ses petites habitudes...
Durant ces derniers jours il c'est demandé quel goût ce petit ange pouvait avoir. Sucré ? Salé ?
Il plonge ses yeux chocolat dans son regard apeuré. Elle a peur de lui, comme elle a peur de chacun d'entre eux. Au fil des mois elle a appris à les connaître...
Pour elle ils sont tous les mêmes. Pourtant il veut lui montrer qu'il est différent...
D'un geste calme il caresse sa joue du revers de la main, elle ferme les yeux à ce contact, savourant la douceur de sa peau. Tout aussi doucement il approche ses lèvres des siennes, elle se laisse faire, incapable de lutter. Ou plutôt n'en a-t-elle pas l'envie ! Baiser furtif dans un premier temps puis plus passionné ensuite. Il glisse ses mains sous son t-shirt et l'enlève d'un geste mal assuré. Lui d'ordinaire si habile à dévêtir ses compagnes. Elle se surprend à trouver ses gestes empreints d'une douceur inhabituelle, prenant presque cela pour de l'amour. Après tout elle ne sait même ce que c'est que l'amour ! Puis d'un coup elle se reprend, ce n'est pas ça l'amour. On ne peut pas aimer quelqu'un comme elle. Elle n'est qu'un corps.
Rien de plus.
Rien de moins.
D'un geste peut-être un peu brusque elle soulève son t-shirt et s'apprête à déboutonner son jean quand il retient ses mains. Qu'a-t-elle fait de mal ? Rien, juste son travail. Mais ce n'est pas ce qu'il veut...
Il ne veut pas se taper une fille comme ça. Il veut faire l'amour avec elle...
Il enlève lui-même son t-shirt. Face à face, ils s'observent, mourrant d'envie l'un comme l'autre de goûter la peau qui s'offrait à eux. D'un même mouvement leurs corps se rejoignent, elle savoure avec délice la peau de son cou tandis qu'il la soulève, aussi facilement qu'une plume. Il la dépose le plus délicatement possible sur l'édredon rouge sang et l'observe quelques instants. Ses yeux aux couleurs indéfinissables, oscillants entre le vert et le gris, lui donnent le vertige. Il dépose mille et un baisers sur son épaule dénudée.
Pluie d'étoiles sur son corps de poupée...

Cette nuit là cette jolie princesse a découvert ce que c'était que l'amour... Elle n'avait pas de belle robe, juste un t-shirt et un jean délavé. Lui n'avait pas de fier destrier, juste deux tickets de métro pour l'emmener loin de son enfer. Rien ne lui prédestinait une fin heureuse, pourtant elle l'a trouvé son prince charmant !
# Posté le mardi 13 mai 2008 15:26

..... "Méfie toi d'elle petit homme"

Il recouvre ses épaules nues du drap de satin qui les a bercé toute la nuit et dépose un baisé sur son front blanc. Toujours un baiser, comme pour dire au revoir, même si elle ne le sait pas. Quoi que celle-ci est différente, quelque chose dans ses yeux noirs l'a attiré, l'a fait frissonné. Ces grands yeux noirs qu'il a croisé hier soir, sans rien savoir de plus il a voulu les observer, sans se méfier de la litanie qu'ils lui murmuraient.
« Méfie toi d'elle petit homme ».
Il la regarde encore quelques secondes, il n'a presque pas envie de partir. Ce petit corps étendu sur ce grand lit ne le supplie pas de rester comme ceux des autres. Non. Il lui hurle de partir avant qu'elle ne s'éveil, pour ne pas qu'elle souffre.
Il baisse la tête en refermant la porte derrière lui. Sans un bruit, tel une âme en peine, il déambule dans le couloir à la recherche de la sortie. Mais a-t-il vraiment envie de la trouver cette sortie ? Il s'en persuade en mettant le bout du nez dehors. Il neige. La candeur des flocons lui rappellent celle de sa peau. Il sourit rien qu'au souvenir de son goût et sent encore au bout de ses doigts la douceur de son corps. Il recouvre ses cheveux blonds de sa capuche et continu sa route. Il pourrait prendre un taxi mais il préfère marcher. Marcher pour oublier. Il sait qu'il aura du mal pour celle-ci. Purée il aurait dû l'écouter cette petite voix qui disait
« Méfie toi d'elle petit homme ».
Des guirlandes rouges et vertes décorent les rues qui s'agitent peu à peu. Ce rouge vermeil lui rappelle ses lèvres charnues qu'il s'amusait à mordiller il y a encore quelques heures. Le froid lui mord les doigts. Petit diable de fraîcheur qui l'empêche d'avancer plus loin. Finalement il le prendra ce taxi. Il pianote avec difficulté sur son portable. Il doit patienter pour pouvoir s'en aller. On dirait que le destin s'acharne pour qu'il ne la laisse pas. Pourtant il le doit, il n'a pas le choix. Il ne se laisse pas le choix.
Il s'assied sur un banc et enfonce ses mains gelées dans ses poches surdimensionnées. Soudain il entend des rires, il lève la tête et observe, détail, apprend...
Sur le trottoir d'en face un couple d'amoureux se ballade, main dans la main. La jeune fille se met à frissonner et il l'enlace d'un bras protecteur. Elle se blottit contre lui et sourit. Ils se chamaillent, ils rigolent, ils vivent à deux.
Le jeune homme toujours assis sur son banc, les mains dans les poches, baisse la tête et soupir. Lui aussi aimerait avoir une vie comme ça. Lui aussi voudrait vivre pour quelqu'un, ne penser qu'à cet autre qui vous comble la vie, qui lui donne un sens. Mais lui il ne l'a pas cet autre. Lui il s'interdit cet autre. Lui a peur de cet autre.
Une larme coule sur sa joue, il l'essuie d'un revers de la main. A ses pieds une lueur attire son regard, comme une étoile tombée du ciel qui brille dans la neige. Il l'observe et une seule image hante son esprit, ses yeux couleur de nuit qui le regardent et qui lui murmurent encore et toujours
« Méfie toi d'elle petit homme ».
Sans bien savoir pourquoi il sourit. Il croit avoir compris, il sait qu'il ne l'oubliera pas. Son taxi arrive, mais il ne le prendra pas.
Il se lève et revient sur ses pas, sans même chercher à savoir ce qui brillait dans la neige.
Arrivé devant la porte de sa chambre il n'hésite même pas et entre. Elle ne dort plus. Elle observe la neige tomber sur la ville. Elle regarde ces jolis flocons blancs virvoleter devant ses yeux noirs. Elle a mal, au fond d'elle. Pourtant elle s'était juré de ne pas s'attacher...
Il s'approche d'elle mais ne la touche pas, il a peur de l'effrayer pourtant elle sait qu'il est là. La preuve elle sourit. Elle se retourne et enfin il peut revoir ses grands yeux de nuit qui lui murmurent une nouvelle mélodie.
« Trop tard petit homme elle a volé ton c½ur ».

# Posté le dimanche 25 mai 2008 13:32

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La porte de l'entrée claque. Il reste là tandis qu'elle dévale les escaliers à toute allure. Elle veut fuir tout ça. Elle veut le fuir lui. Il s'approche de la fenêtre du salon. Cette même baie devant laquelle ils regardaient la lune hier encore. Dans les bras l'un de l'autre. Ils étaient encore nous. Il la regarde s'aventurer dans l'avenue bondée, quelques gouttes de pluie commencent à tomber et roulent avec une lenteur, qui accentue sa douleur, sur la vitre. Il pose sa tête au contact du verre froid. Réfléchir. Il essaie mais il ne sait plus. Sans elle il ne sait plus rien. Il ne sait que se souvenir. Se souvenir des derniers mots qu'elle lui a balancé au visage, une simple vérité qu'il aurait préféré ne jamais entendre. « Tu as joué Pete, dommage tu as perdu ». Elle relève la capuche de son sweet pour protéger ses longs cheveux noirs et enfonce les oreillettes de son i-pod pour écouter autre chose que le bruit de la pluie sur les toits. Des accords de basse. Des accords qu'elle ne veut plus jamais entendre. Elle sait qu'il la regarde. Elle sent son regard sur ses épaules, elle en frissonne même. Elle se souvient de leur premier baiser. Il y a six mois à peine, sous une pluie identique à celle-ci, une pluie fine qui surprend les amoureux et qui reflètent le c½ur des âmes en peine. Il enfile sa veste et se décide à sortir. Se décide enfin à rattraper cette fée qu'il aime. Au coin d'une rue il aperçoit ses ailes. Deux ailes magiques imprimées sur le dos de son sweet. Il sourit rien qu'à ce souvenir, la première fois qu'il l'a appelé « ma fée ». « Tu manques d'imagination ». Voilà ce qu'elle lui avait répondu avant de se blottir au creux de ses bras et de glisser ses doigts fins dans ses cheveux noirs. Plus jamais elle ne lui permettra de l'appeler « ma fée », il le sait mais il doit essayer. Après tout qui n'essayerait pas de sauver sa vie ?!
Elle enfonce ses mains dans ses poches et baisse la tête, elle veut se cacher du monde. Avant elle n'avait pas besoin de se cacher du monde, avant il était dans son monde. Maintenant son monde est vide. Elle se laisse tomber le long d'une vitre de magasin, une vitrine illuminée aux couleurs de la saint-valentin. C'est bien sa chance. Elle pose sa tête sur ses genoux repliés, elle va rester là, toujours, et puis elle n'a nulle part où aller alors...
Il passe devant elle, la voit bien entendu, comment ne pas la voir cette princesse ? Il s'assied juste à côté d'elle, histoire de tenter le diable après tout il risque rien, ou presque...
Il voit son torse se lever au rythme de ses sanglots. Il prend son portable et pianote, il sait qu'il ne pourra pas lui parler en face, sacré caractère ! Elle sait qu'il est à côté d'elle mais elle ne relèvera pas la tête, elle ne lui donnera pas ce plaisir. Sacré caractère ! Et puis elle sait que si elle croise ne serai-ce qu'une fois son regard tout est fichu, il gagnera la partie et tout recommencera. Quoi que ça serait peut-être mieux que tout recommence ?
Elle sent son portable vibrer au fond de sa poche. « Mon Homme ». Un pincement au c½ur. « Cap ou pas cap de me laisser une deuxième chance ». Elle ne répond pas. Elle ne sait pas. Elle ne sait plus. Elle remet son portable au fond de sa poche. Il se lève et part. Il a compris, mais quoi ?! Après quelques mètres il s'appuie sur un mur et se laisse aller, après tout il n'a plus que ça à faire. Soudain il sent des bras entourer ses hanches et une tête se poser au creux de ses épaules. Juste un baiser. Un murmure. « Cap ».
Il se retourne et voit son visage une nouvelle fois. Et là une promesse, jamais il ne le quittera ce visage. Et là il comprend, en fait c'est pas une aventure d'un temps, c'est l'aventure d'une vie. Elle est sa vie.
Elle prend sûrement un risque, elle le sait, mais après tout que serait la vie sans un peu de risque ? Elle n'en sait rien, elle veut pas le savoir, parce qu'elle aime le risque...
# Posté le dimanche 22 juin 2008 15:36